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Waterfallcity
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    Chapitre 1    
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2008-06-17 / 2009-04-15


« Comment gérer avec efficacité un service de l’éducation territorialisé dans une collectivité locale ? »
 
L’étude s’appuiera à titre principal sur l’exemple des villes de Waterfallcity et Lostcity.
 
 
La notion de territorialisation désigne la déconcentration administrative opérée par une collectivité territoriale. Il est ainsi question de la mise en place de structures dédiées chacune à une partie du territoire de la collectivité. Ces combinaisons de terrain se voient confier des tâches relevant jusque là des services centraux de la collectivité, ainsi que des moyens nécessaires à l’accomplissement des tâches en question.
Apparu il y a une quinzaine d’années et en développement constant depuis lors, le mouvement de territorialisation s’inscrit dans celui, autrement plus vaste, de décentralisation. Il apparaît comme l’une des modalités de la mise en œuvre de celle-ci, en particulier au niveau des grandes villes.
 
En effet, les communes de dimension importante peuvent éprouver des difficultés à assumer leur rôle, traditionnel et fortement renforcé par la décentralisation, de collectivité de base, réputée la plus proche de la population. L’administration municipale y est mise en œuvre à une échelle vaste, ce qui complique de trop les procédés de gestion et, surtout, éloigne la municipalité des citoyens. La décentralisation ne s’opère alors pas de manière satisfaisante.
C’est pourquoi un nombre croissant de villes de taille significative ont fait le choix de s’engager sur la voie de la territorialisation. En sont attendus à la fois une gestion administrative plus fluide et un lien plus étroit avec les réalités communales. Dans cette perspective, la territorialisation peut se concrétiser à des degrés divers. Le premier degré est la simple répartition, entre les agents des services centraux, de la gestion des différentes zones de la ville ; le degré ultime étant atteint avec l’implantation, à travers le territoire communal, d’entités très largement autonomes.
Peuvent être cités, comme exemples de territorialisation pionnière et particulièrement marquante, la territorialisation des services de la ville de Waterfallcity et celle de Lostcity.
 
A l’instar de la notion de territorialisation, celle d’efficacité apparaît très caractéristique de l’esprit du temps. Touchant toujours plus profondément la vie des sociétés, la recherche de l’efficacité se traduit, en matière d’administration publique, par les chantiers de modernisation des administrations. De la sorte, le souci d’efficacité occupe une place grandissante dans la culture du service public.
Or, il semble souvent difficile d’établir la performance atteinte par une intervention publique. Au-delà des divers indicateurs de mesure qui peuvent être établis, sans doute faut-il considérer, in fine, qu’une action publique est efficace dans la mesure où, compte tenu des moyens disponibles, aura été offert à la population le meilleur service possible.
 
Cette équivalence entre efficacité et qualité du service rendu se révèle sans doute particulièrement valable en matière d’éducation. C’est dire qu’ici, l’intervention publique vise, fondamentalement, à garantir aux enfants les meilleures conditions d’apprentissage possibles. Le travail des services est tout entier tourné vers le public, il n’est véritablement efficace que si la masse des usagers en profite directement.
De la même manière, l’efficacité de l’action d’une collectivité territoriale s’évalue elle aussi, foncièrement, à l’aune du service dispensé à la population. En effet, la vocation d’une collectivité locale n’est pas tant de donner un cadre à la vie en commun que de répondre directement aux attentes des citoyens. Là également, efficacité est à coup sûr synonyme de qualité du service rendu au public.
 
De la sorte, s’interroger sur la manière de gérer avec efficacité un service territorialisé de l’éducation dans une collectivité locale revient à examiner la façon de satisfaire au mieux les besoins des usagers.
L’étude des services de l’éducation des villes de Waterfallcity et Lostcity démontre que ceux-ci doivent travailler à atteindre deux qualités étroitement liées : en premier lieu, un fonctionnement interne rationnel et maîtrisé ; en second lieu, une relation étroite avec les acteurs extérieurs, pour la satisfaction desquels le service agit.
Ainsi, atteindre l’efficacité dans la gestion suppose de repenser l’organisation du service et de revisiter les procédures (I). Tendre vers davantage de proximité implique alors de créer une nouvelle dynamique de travail et de mieux communiquer auprès des partenaires (II).
 

1.1                          I.    L’efficacité dans la gestion quotidienne : institutionnaliser une nouvelle structure et appliquer la subsidiarité

 
La territorialisation a impulsé la création d’une structure intermédiaire pour rationaliser l’action des services de l’Education (A). Elle a de la sorte suscité l’instauration de nouvelles procédures de travail. Il s’est alors avéré nécessaire de redéfinir les procédures applicables et de répartir les rôles entre les instances les plus compétentes (B).
 

a. A.   Un nouvel échelon pour plus de lisibilité

 
La territorialisation du service de l’Education s’inscrit en réaction à l’illisibilité du système précédent : les services centraux représentaient des structures lourdes, difficilement gérables et souvent trop éloignées du territoire.
Afin de faciliter l’identification des interlocuteurs, les directions de l’Education des villes de Waterfallcity et Lostcity ont, respectivement en 2014 et 2013, créé un nouvel échelon.
Une telle démarche implique de repenser l’organisation du travail dans sa globalité, tant au niveau central (1) qu’au niveau territorial (2)
 
 
 
 
 

a.1 1.    Les services centraux, pilotes garants de la cohérence

 
La réorganisation de la direction centrale s’est opérée à travers le projet de service (Waterfallcity) ou le contrat d’objectif (Lostcity). Ces derniers ont entériné le nouveau rôle de pilotage des services centraux.
En effet, ceux-ci, par leur vision globale, jouent une fonction d’expertise et de conseil. Ils permettent par leurs actions de garder une cohérence et une égalité de traitement de tous les agents.
C’est ainsi que la cellule « Ressources Humaines » gère les plans de formation, les études sur l’organisation du travail (temps partiel /temps plein, plages horaires…) et assure le recrutement du personnel communal.
De même, la gestion budgétaire demeure, pour le domaine de l’éducation, une compétence exclusive des services centraux : les SVE/antennes ne disposent d’aucun budget propre. La cellule «Finances » assure la fonction comptable des écoles des villes de Waterfallcity et Lostcity.
Quant à la cellule « Investissement et Cadre de vie », elle est chargée de la réalisation des travaux de maintenance.
Pour finir, la cellule « Usagers et Action Educative » s’occupe des actions éducatives sur le temps scolaire (sorties scolaires).
 

a.2 2.    Les services territoriaux, acteurs de terrain

 
Quant au niveau territorial, il a la tâche d’assurer l’interface entre les services centraux et les écoles. Chacun des cinq RSVE (Waterfallcity)/six RA (Lostcity) dépend de la direction centrale de l’Education, et est installé matériellement dans les quartiers, souvent directement dans une école. Ce nouvel échelon se calque d’ailleurs sur un découpage préexistant des villes en quartiers.
Le SVE /antenne adapte l’action municipale aux circonstances locales.
Ce rôle comporte deux volets. D’une part, en matière de gestion du personnel, les RSVE/RA doivent gérer les emplois du temps et les absences des agents territoriaux (congés, maladie, formation), grâce à un « pool de remplacement » constitué de vacataires mis à la disposition du SVE/antenne.
Ils sont également chargés de l’évaluation, de la formation et, le cas échéant, de la gestion directe des conflits. Ils ont une meilleure connaissance des personnels que les services centraux et peuvent donc pratiquer une gestion plus adaptée des remplacements.
Les coordonnateurs et/ou agents de maîtrise encadrent les agents territoriaux, répartis en trois groupes d’importance décroissante :
- les agents territoriaux spécialisés dans les écoles maternelles (ATSEM) assistent, avec un rôle éducatif accru les enseignants et animent le temps du midi des enfants
- les agents d’entretien et de restauration (AER) assurent le ménage et la restauration du midi
- les concierges accueillent les enfants et effectuent les petits travaux de maintenance et de nettoyage
D’autre part, contrairement à Waterfallcity qui sous-traite en partie l’organisation des temps péri et extra-scolaires, Lostcity a choisi de garder le contrôle sur ces activités. C’est le responsable d’antenne qui gère et coordonne les adjoints d’animation de son quartier. Ces derniers, issus la plupart du temps du corps des ATSEM, ont vu leur poste créé grâce à la déconcentration du service de l’éducation. Ils sont présents dans les écoles pendant le temps du midi, après la classe, le mercredi ainsi que durant les petites vacances.
De par les rencontres avec les associations de quartier, le responsable d’antenne est un référent sur les questions d’enfance et d’éducation. Il possède en effet une connaissance approfondie des populations et des moyens éducatifs sur le plan local, souvent plus fine que celle des directeurs d’école.
 

b. B.   De nouvelles techniques de travail pour une meilleure coordination des actions

 
L’entretien des bâtiments et du mobilier des écoles du premier degré relève de la compétence des communes. Lorsque le service de l’éducation de Waterfallcity s’est territorialisé, des dysfonctionnements notables dans la gestion du patrimoine sont apparus (1) nécessitant un réajustement du système en la matière (2).
 

b.1 1.    Préciser les modalités de la gestion du patrimoine scolaire

 
L’entretien des bâtiments et du mobilier des écoles du 1er degré relève de la compétence des communes. Lorsque le service de l’éducation de Waterfallcity s’est territorialisé, des dysfonctionnements notables dans la gestion du patrimoine sont apparus nécessitant un réajustement du système en la matière.
Au cours du 1er semestre 2015, après un an de fonctionnement, la Direction de l’Éducation de la Ville de Waterfallcity a souhaité pouvoir identifier les réussites et les points de progrès de cette organisation territorialisée pour ensuite mettre en œuvre des actions d’ajustement et d’amélioration. Deux axes d’optimisation ont alors été identifiés : la politique éducative avec la nécessité d’une implication accrue des RSVE dans ce domaine et la gestion du patrimoine bâti. Dans ce domaine, les procédures sont apparues nombreuses et souvent lourdes. Ont été notamment constatées :
 
- des demandes des écoles qui augmentent ou qui ne sont pas filtrées ou analysées
- des règles en matière de petits travaux méconnues ou appliquées de manière différente selon les secteurs
- des interférences dans les procédures de maintenance du patrimoine mises en place par l’atelier municipal et le pôle de gestion du patrimoine du bâti qui nuisent à l’efficacité d’action (contacts directs avec l’atelier municipal sans passer par le pôle de gestion, demandes des écoles moins bien recensées, interpellations en double…).
Toutes ces difficultés ont donc conduit à la mise en place immédiate d’un groupe de travail pour y remédier : d’ores et déjà, de nouvelles procédures ont été instaurées et s’avèrent plus efficaces.
Afin de remédier aux pertes de temps et au manque de lisibilité des procédures à suivre, un nouveau découpage a été mis en place :
 
- en ce qui concerne les petits travaux et les besoins en matériel courant, chaque secteur centralise les demandes des directeurs d’école, les analyses et les priorise. Puis, lors de réunions mensuelles, tous les RSVE se réunissent avec le responsable du patrimoine, et de manière concertée, décident des travaux qui seront engagés.
- en ce qui concerne les gros travaux, les secteurs se cantonnent à transmettre les dossiers en les priorisant. La décision finale d’engagement est prise lors de la réunion, au niveau central, d’une commission regroupant les RSVE, les responsables des différents services concernés et les élus.
 
Cette nouvelle organisation s’avère en pratique beaucoup plus efficace : tous les agents n’adressent désormais leurs demandes qu’à un interlocuteur identifié, le RSVE. Pour les petits travaux, la gestion directe par les secteurs conduit à un gain de réactivité non négligeable. Pour les gros travaux, la gestion au niveau central permet aux RSVE de se « déresponsabiliser » par rapport à la prise de décision. Cela évite des pressions qui seraient néfastes de la part des directeurs d’école, ATSEM, agents ou autres. L’application d’une subsidiarité en donnant une nouvelle place aux RSVE en la matière est une réelle source d’efficacité et d’amélioration de la gestion. Une démarche similaire dans la gestion du personnel semble aussi souhaitable.
 

b.2 2.    Une redéfinition des relations pour tendre vers davantage de cohérence

 
Passer d’un fonctionnement vertical, thématique, à une organisation transversale, décloisonnée, au plus près et à l’écoute du terrain oblige à réviser en profondeur les fonctionnements traditionnels de l’administration.
Aujourd’hui, la mise en place de la territorialisation est achevée : les secteurs fonctionnent, les services centraux se sont adaptés. Mais des ajustements entre les deux échelons sont à promouvoir.
 
Tout d’abord, les services centraux hésitent encore à voir éparpiller sur le territoire ce qui était centralisé : ils ne sont plus sollicités pour tout, ils ne valident plus tout systématiquement. Certains cadres se sentent même dépossédés d’une partie parfois substantielle de leurs activités au profit de l’échelon territorial.
La solution réside dans une meilleure acceptation du risque par les services centraux : ils ont à apprendre à gérer l’insécurité, l’incertitude qui résulte de la nouvelle répartition des compétences au profit des secteurs/antennes.
 
De plus, le secteur/antenne constitue un échelon supplémentaire qui doit pouvoir se justifier par une réelle valeur ajoutée, à accroître encore aujourd’hui. Le secteur est-il un échelon d’exécution ou de décision ? Les équipes vont s’épuiser si elles continuent à s’interroger sur leur valeur ajoutée et une démotivation est à redouter. Cette incertitude sur l’existence d’un pouvoir décisionnel des secteurs/antennes pourrait être combattue par une clarification de la répartition des rôles entre les services centraux et les secteurs/antennes Par exemple, concernant la vie quotidienne et le traitement des demandes des écoles, le secteur gère-t-il uniquement de l’information « boîtes aux lettres » ou bien apporte-il directement des solutions ?
 
Ensuite, la mise en place de réunions périodiques entre le service central et le territoire permet d’échanger sur les pratiques de chacun, et par suite de veiller à la cohérence et l’uniformité des actions dans tous les SVE/antennes.
Le rythme hebdomadaire est nécessaire et suffisant pour ne pas alourdir le système.
Est, par contre, à déplorer un manque de concertation et de cohésion entre les SVE/antennes. Ce manque de communication transversale entre SVE/antennes est dû notamment à une charge de travail très lourde, limitant les possibilités d’échange et de travail en commun.
Les SVE/antennes devraient chercher à mutualiser leurs enseignements, l’enjeu étant d’éviter une gestion différenciée d’un territoire à l’autre, notamment pour ce qui concerne les agents.
Par exemple, l’instauration des outils propres aux SVE/antennes, tels les tableaux de bord, pourrait être envisagée en place à tous les niveaux  (secrétariat, coordonnateur, responsable). L’introduction de nouvelles technologies comme un intranet de service pourrait constituer un outil de travail essentiel.
 
Enfin, la rédaction de fiches de postes a permis de clarifier les situations de travail. Cependant, une trop grande formalisation des tâches risque de bloquer la situation. En effet, bien qu’étant très précise et détaillée, la charte des ATSEM à Lostcity qui regroupe l’ensemble des tâches, ne peut contenir de façon exhaustive toutes les tâches à effectuer par ces agents. C’est ainsi que, dans certains cas, le nettoyage de l’écran d’un ordinateur n’étant pas inscrit dans la charte pourra ne pas être effectué par les agents qui seraient concernés mais par l‘instituteur.
Devant l’aberration de cette situation, la simple définition des grands axes des tâches semble une solution appropriée.
 
 
TRANSITION
 
 
 
 
 
 
 

1.2                        II.    L’efficacité dans la proximité : créer une nouvelle dynamique de travail avec les acteurs et mieux communiquer auprès des usagers.

 
La proximité est l’objet premier de l’action des collectivités territoriales. Ainsi, il s’agit de répondre aux attentes des agents grâce à une gestion des ressources humaines (GRH) rénovée (A) et d’améliorer les relations avec les directeurs d’école et les parents d’élèves (B).
 

a. A.   Une GRH rénovée par la territorialisation

 
La mise en place d’une équipe référente par secteur/antenne a permis un rapprochement entre l’encadrement et les agents (1). Dans le même temps, l’attribution à un partenaire extérieur de la gestion du temps périscolaire se traduit par des difficultés (2).
 

a.1 1. Instaurer des relations plus étroites avec les agents

 
Une des missions principales d’un service de l’éducation est la gestion de ses agents. En la matière, la mise en place de guides de procédures et la tenue de réunions périodiques ne suffit pas à instaurer une bonne GRH. Il faut, en outre, prendre en compte le facteur humain.
Avant la territorialisation, les agents de maîtrise/coordonnateurs placés au niveau central encadraient l’ensemble des personnels exerçant dans les écoles. Cette organisation instaurait une distance entre les deux niveaux, ne laissant aucune place à une gestion de proximité. La territorialisation a donc permis de renforcer et de rapprocher l’encadrement : l’équipe de secteur/antenne se trouve désormais sur le terrain avec les ATSEM, les AER et les concierges.
Aujourd’hui, les agents se sentent mieux écoutés. Ils bénéficient d’entretiens individuels plus personnalisés et peuvent plus facilement solliciter des rendez-vous avec leur hiérarchie. Ils sont satisfaits d’obtenir des réponses rapides à leurs interrogations prévenant ainsi les conflits. Ce management de proximité permet donc une meilleure connaissance des agents ainsi qu’une utilisation optimale de leurs compétences. L’évaluation des agents qui se déroulait auparavant au niveau central n’était pas aussi personnalisée.
Désormais, une évaluation dynamique des agents est basée sur la définition d’objectifs individuels. L’entretien annuel légal devient beaucoup plus précis grâce à la territorialisation. Lors de l’entretien, un bilan est dressé, des nouveaux objectifs sont fixés avec des délais, les perspectives d’évolution de carrières sont abordées. Outre les formations obligatoires, l’équipe prend en compte les demandes exprimées par leurs agents pour se perfectionner ou obtenir une promotion. Ces vœux sont inscrits sur un tableau annuel  de recensement des besoins en formation envoyé au service central.
Du fait de la territorialisation, certains personnels se sont sentis valorisés par la reconnaissance accrue de leur travail. D’un autre côté, les agents de maîtrise ont été contraints de se dessaisir de certaines attributions mais ont vu leur charge de travail réduite (moins de personnels à encadrer). Un agent dont les compétences sont reconnues se sent valorisé, il est plus motivé et plus enclin à s’impliquer dans son travail. Si l’équipe en fait de même pour tous les agents, l’ambiance positive qui en découle crée une dynamique de travail bénéfique pour l’ensemble du personnel, l’encadrement compris. De même en organisant régulièrement des réunions de concertations par métier ou avec l’ensemble des personnels, cela entraîne une cohésion d’équipe par les échanges de points de vue, la confrontation d’expériences dans des situations similaires…
 
En raison de ces changements favorables, on aurait pu s’attendre à  une baisse de l’absentéisme traditionnellement élevé. Or il n’en est rien. Il est donc difficile de parler d’efficacité de la territorialisation dans ce domaine. La persistance de l’absentéisme est liée à la pénibilité de certaines tâches mais également au vieillissement du personnel. On peut néanmoins proposer des solutions pour améliorer cette situation. Le métier d’ATSEM, par exemple, est éprouvant physiquement et nerveusement. Pour celles qui souhaitent évoluer, elles ont l’opportunité, à Lostcity, de devenir adjointe d’animation.
 Pour limiter cet absentéisme, l’équipe peut anticiper en informant, en sensibilisant les agents et proposer si nécessaire des formations comportementales comme par exemple la gestion du stress. En s’occupant des agents absents, la collectivité veille à ne pas rompre le lien avec eux. En effet si rien n’est fait, les agents « mis à l’écart » se sentent délaissés, ils ne reprennent pas le travail alors qu’ils auraient été aptes à le faire s’ils avaient été écoutés. Dans ces cas là, la prévention, le soutien individualisé et le management sont primordiaux.
 

a.2 2.    Gérer en direct les activités périscolaires plutôt que de recourir à un partenariat

 
Le périscolaire regroupe les temps du matin, du midi et du soir. Le matin, une heure est consacrée, avant la classe, à l’accueil des enfants et de leur famille. Le midi, les deux heures d’interclasses sont divisées entre la restauration et un temps de repos et d’activités diverses. Le soir, le goûter est suivi de l’étude. Les dernières études finissent à 18 heures et sont suivies d’une demi-heure d’activités. Au total, le périscolaire peut représenter jusqu’à cinq heures par jour, sur lesquelles les municipalités ont développé des actions, tout en faisant face au désengagement des personnels de l’Education Nationale.
 
Lostcity a choisi, en parallèle au processus de territorialisation, de créer une filière animation, et de réorganiser la prise en charge des temps périscolaires. 45 adjoints d’animation ont ainsi été recrutés avec pour mission d’encadrer un total de 380 vacataires. Au niveau des services centraux, une même direction regroupe les services de l’éducation et de l’enfance, pour prendre en compte de manière globale l’accompagnement de l’enfant, notamment en matière d’offre de loisirs. Les recrutements de vacataires sont conduits par les services centraux, qui répartissent les postes en fonction des besoins. Les antennes sont ensuite responsables des affectations entre les écoles. Par cette organisation, la ville de Lostcity conserve donc un plein contrôle sur le domaine périscolaire.
 
Waterfallcity suit une autre politique en confiant la gestion du périscolaire à une association, l’AAPEW (Association pour l’Action Périscolaire des Ecoles Publiques de Waterfallcity). Le contrat avec la Mairie de Waterfallcity est un marché public signé en 2014, il sera renouvelé en 2017. La décision de faire appel à une association date de 2004. À cette époque, le périscolaire n’était pas aussi développé et la ville ne souhaitait pas assurer la gestion de nombreux vacataires. Aujourd’hui l’AAPEW compte 480 agents, la plupart avec des contrats précaires au volume horaire très réduit (le contrat de base est de 8 heures par semaine). L’association est territorialisée en 5 secteurs, identiques à ceux du service de l’éducation de la ville. L’enjeu majeur auquel est confronté l’AAPEW dans sa gestion de personnels est le turn-over : il y a eu 766 embauches pour 480 postes en 2015 et ces chiffres seront en augmentation cette année. La gestion des recrutements et des remplacements, ainsi que le suivi des équipes dans les écoles représentent, dans ce contexte, un défi et nécessitent une réflexion sur l’efficacité de l’organisation à mettre en place.
 
À l’occasion de la territorialisation, la ville de Waterfallcity a souhaité réinvestir le terrain du périscolaire. L’AAPEW, jusqu’alors seule à exercer cette compétence, s’est trouvée dans une situation complexe, avec des missions  à redéfinir. Les services de la ville et l’AAPEW se retrouvent, en effet, en concurrence sur la mise en œuvre des actions périscolaires. Certaines procédures sont à revoir, des agents de l’AAPEW pouvant ainsi accomplir des tâches qui ne relèvent pas de leur mission. La territorialisation a donc engendré une période de flottement qui pourrait donner lieu à une perte d’efficacité si les ajustements nécessaires ne sont pas menés à bien.
Un travail permanent de régulation dans les secteurs doit se mettre en place afin de définir précisément le périmètre d’intervention de chacun et de mettre en place de nouvelles dynamiques de travail. Il apparaît nécessaire de rechercher à une meilleure attractivité des postes pour éviter un turn-over trop important. Celui-ci engendre, en effet, un manque de formation et d’expérience des animateurs, parfois reproché par les associations de parents. Des évaluations régulières sont à prévoir pour s’assurer des progrès faits dans ce domaine.
 
De manière plus générale, le système de gestion du périscolaire mis en place à Loscity semble optimal pour la qualité du service. La gestion directe permet un meilleur suivi des équipes par la ville et une cohérence des actions menées par les services. Les agents de la filière animation, souvent des anciens ATSEM ayant suivi une formation spécifique à ce nouveau métier, apparaissent très satisfaits de leur nouveau poste. Ils sont en effet considérés comme des référents auprès des vacataires et sont reconnus par leurs différents interlocuteurs (enseignants, parents, ville). Ils sont amenés également à construire des projets d’animation. En matière de valorisation et de responsabilisation des agents, la nouvelle organisation apparaît donc très positive.
La territorialisation a cependant créé des difficultés qui restent à résoudre. Certains adjoints d’animation sont en poste sur plusieurs antennes : ils peuvent en effet être conduits à exercer le soir dans une autre école que le midi. Dans ce cas, l’antenne de référence de l’agent doit clairement être identifiée comme celle où il est présent lors du temps du midi, cœur du métier de l’animation. Les adjoints d’animation souhaiteraient aussi avoir plus de responsabilités vis-à-vis des vacataires, avec notamment un droit de regard sur le recrutement et un temps de rencontre plus important avant la rentrée.
Au-delà de ces ajustements nécessaires, le risque majeur de la gestion en direct est de créer un monopole de la ville sur les questions d’éducation. Pour éviter cet écueil, des évaluations sont là aussi à programmer pour permettre les remises en question nécessaires à l’amélioration du service rendu. La ville de Lostcity a ainsi prévu, dans l’année qui vient, une grande enquête auprès des parents sur l’ensemble de la politique éducative de la ville.
 
 

b. B.   La relation avec les usagers : une nécessaire ouverture vers l’extérieur

b.1 1.    La territorialisation, vecteur de proximité avec les directeurs d’école

 
Personnels de l’Education Nationale, les directeurs d’école du premier degré cohabitent avec les personnels communaux.
La plupart des directeurs d’école reconnaissent les effets positifs de l’organisation territorialisée : le secteur de vie éducative /antenne est un interlocuteur de proximité, d’autant plus accessible qu’elle est implantée dans le groupe scolaire.
 
L’organisation territorialisée offre un appui précieux pour la collaboration avec les personnels d’école, du fait d’une résolution plus aisée des problèmes. De même, la réponse aux demandes des directeurs intervient plus rapide grâce à l’intervention du secteur de vie éducative/antenne. En effet, celles-ci sont à la fois des soutiens techniques (faciliter la vie des directeurs d’école pour les questions pratiques) et un garant du patrimoine (s’assurer de l’entretien des locaux, de l’analyse des besoins de rénovation et du suivi des travaux…)
 
Cependant, des difficultés apparaissent au niveau de la lisibilité de la nouvelle organisation, le directeur ne sachant pas vraiment à qui s’adresser entre le secteur et les services centraux. Par ailleurs, on constate parfois l’existence de doublons entre le secteur de vie éducative/antenne et les services centraux de l’éducation.
 
Des propositions peuvent être apportées pour une meilleure articulation entre la direction d’une école et celle de l’Education.
D’une part, il serait souhaitable de réaliser un mémento à l’attention des directeurs d’école pour savoir s’ils doivent s’adresser à l’échelon ou aux services centraux et pour quelles finalités. D’autre part, présenter aux directeurs d’école l’ensemble de leurs interlocuteurs en mairies et pas seulement ceux de l’échelon faciliterait leur vision d’ensemble du service de l’éducation.
De plus, les temps d’échange sur l’école devraient être formalisées Des points périodiques sur les demandes de travaux, de mobilier doivent être effectués avec le directeur d’école. Le fonctionnement de l’école ainsi que le rôle de chacun doit être rappelé à l’ensemble des personnels sur l’école (personnels de la ville comme l’Education Nationale…).
 

b.2 2.    Une communication à développer pour accentuer le dialogue avec les parents d’élèves.

 
La territorialisation crée les conditions d’une plus grande proximité avec les usagers. A ce titre, la clé du rapprochement des services municipaux vis-à-vis des parents d’élèves réside là aussi dans l’identification par ceux-ci d’interlocuteurs qualifiés.
C’est qu’avant la mise en place d’entités de terrain, les demandes exprimées par les parents soucieux du sort des écoliers n’obtenaient que difficilement satisfaction. Interpellée sur telle ou telle question, la direction de l’école contactait alors les services centraux, sans savoir précisément à qui s’adresser. Les difficultés à joindre les agents réputés compétents, les renvois d’affaires de service en service et, plus largement, l’éloignement de l’administration municipale grevaient la qualité du dialogue.
A présent, du fait de la territorialisation, des interlocuteurs reconnus ont émergé. De la sorte, les services municipaux de l’éducation sont devenus bien plus accessibles aux yeux des usagers. Ainsi, une fédération de parents d’élèves des écoles de Waterfallcity se félicite de l’attention nouvelle portée à ses requêtes, transmises par les directions d’écoles aux RSVE/RA. Ceux-ci, de par leur connaissance précise de l’organisation administrative et des procédures, relaient l’expression des parents vers les services directement compétents. Des échanges fructueux peuvent ainsi se développer.
 
Pour autant, au-delà des représentants des fédérations, fort peu de parents d’élèves connaissent l’existence même des structures de secteur. De ce fait, la direction de l’école représente l’interlocutrice unique et passe pour la seule autorité ayant prise sur les choses. L’administration communale se voit, pour ainsi dire, ignorée par la masse des parents, alors même qu’elle prend en charge tous les aspects de la vie à l’école – hors enseignement.
Or, dans une optique de proximité entre la population et les services publics, ainsi que de vivification de la participation démocratique, il est fortement souhaitable que les parents connaissent un tant soit peu l’organisation du service public de l’école. C’est lorsque les citoyens comprennent les mécanismes de fonctionnement des institutions publiques qu’ils sont à même d’intervenir.
De la sorte, un service territorialisé de l’éducation peut créer les conditions d’une plus grande proximité avec les parents d’élèves en les informant davantage de son action. Pour ce faire, des actions de communication diversifiées sont à entreprendre. Par exemple : un affichage municipal plus conséquent au sein des bâtiments scolaires, l’envoi aux parents de plaquettes d’information, une publicité par voie d’autocollants apposés sur le matériel scolaire, ainsi qu’une intervention systématique des RSVE/RA lors des réunions de rentrée.
En définitive, une conscience plus développée du rôle de la municipalité dans le fonctionnement de l’école favoriserait probablement l’expression des aspirations parentales, dans un climat de plus grande proximité.

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